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Les fées ne se sont pas penchées sur son berceau. Perde son père à 4 ans est déjà quelque chose d’énorme à surmonter. Il l’a fait. En silence, il a avancé. En trébuchant parfois, mais il a avancé.

L’année de ses 16 ans, c’est sa mère qui est partie sans crier gare.  Il a essayer de le surmonter, en silence. Il a avancé, a trébuché mais n’arrive pas à se relever.

Et ne le veut pas.

Parce que la vie à la maison n’était plus possible, avec un beau-père n’ayant pas envie d’endosser à plein temps le costume de parent, les choses se sont accélérées.

Quand un enfant perd ses deux parents, c’est un conseil de famille, sous la responsabilité du juge des tutelles, qui prend le relais. Ce conseil réunit des proches (normalement parce que dans la réalité, les administrations ne sont pas trop regardantes), comptant 4 personnes. Ce conseil se réunit, de façon régulière, pour parler comptes et avenir de l’enfant.

Le beau-père est devenu tuteur, peut-être parce que ça faisait bien, par voies de conséquences, puisque l’enfant vivait sous le toit de feu sa mère.

Tout aurait dû bien se passer, les plaies se panser avec le temps.

C’était sans compter sur la bêtise de certains adultes.

Lorsqu’une assistante sociale a été saisie, tout a vraiment basculé. Envoyé en foyer, la vie n’était plus la même qu’à la maison. Les ados entre eux sont cruels, surtout dans ce genre de structure. Elles ne sont pas faites pour les enfants ayant toujours connu la presque chaleur d’un foyer. Il s’e’st éloigné de l’école, sans aucune réaction des éducateurs. Plus aucun foyer n’en voulait. C’est donc tout naturellement qu’il a échoué dans un hôtel, payé par les services sociaux, près un court passage, à l’âge de 17 ans dans un foyer d’urgence au milieu de toute la misère humaine. A 17 ans, projeté dans ce que la société actuelle a de plus cruelle: le monde de l’exclusion.

Pas d’école, pas de toit fixe, un sac: un escargot sans parents.

A 18 ans, on s’en est déchargé. Il était de toute façon tellement blasé par tout ce système qui n’avait rien d’efficace qu’il ne s’est pas fait prié.

Le conseil de famille n’a rien fait, puisque n’ayant de familiale que le nom.

 

Aujourd’hui reste incertain.

 

Bien au chaud sous mon plaid et heureuse de la bulle que je me suis créée, je ne peux m’empêcher de penser à ce système qui n’a pas les moyens, et souvent pas l’envie  de tout mettre en œuvre pour sauver ces enfants que la vie n’a pas épargné.

Je regarde le 20h, et je me dis que ce pourrait être lui, essayant de passer une frontière en Turquie. Parce qu’ici, personne n’a été capable de l’accompagner vers un semblant d’avenir.

 

 

 

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