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Primijolie n’a pas le moral aujourd’hui. Elle voit son corps changer, de plus en plus, et se dit que sa toute sa vie va prendre le même chemin. Même si c’était dans l’air du temps de se dire que le changement, c’est maintenant, elle ne sait pas si elle est tout a fait prête à ce chamboul’tout.
Son corps ne sera plus jamais le même, ce corps qu’elle avait eu du mal à accepter mais avec lequel elle s’était réconciliée.

Arrivera-t-elle à concilier toutes les choses qu’elle aime faire, les choses qu’elle aimerait entreprendre et celles qui s’imposeront à elle?

Elle prend conscience que leur cocon à deux va devoir accueillir un petit trois. Et si elle ne l’aimait pas? Aimer n’est pas inné? Et si son amour met du temps à enrouler la crevette? Si elle le sent?

Elle en parlera ce soir à Chérichou, il aura sûrement les mots qu’il faut. Où la jugera-t-il? Non ce n’est pas envisageable. Quoi que. Elle ne le voit nul part, ce genre de doutes. Ils ne se disent pas. Pourtant elle ne peut pas être seule à les ressentir. 

Allez, ces changements auront du bon, elle les gérera d’une main de maître, chacun trouvant sa place dans cette nouvelle dynamique. 

Pour se changer les esprits elle propose à Chérichou un rencard shopping (il s’imaginait sûrement un autre 5 à 7), elle n’a plus rien a se mettre.

 » Voilà 4 magasins que l’on fait et rien ne me plait. Cherichou, tu m’écoutes?

Je ne fais que ça Primi…, répond-il clairement lassé.

C’est quand même pas de ma faute. Tout est trop petit dans les rayons normaux. Dans mes magasins préférés il n’y a pas de rayon grossesse. Dans les autres, les tailles ne vont pas, impossible que je fasse officiellement un 46 comme l’indique le jean que j’ai essayé. Ils se sont trompés, et ça me déprime. Ailleurs, il n’y a que des nœuds, des cœurs, des petons… Il n’est pas encore arrivé que déjà il empiète sur nos garde-robes. C’est possible de rester féminine ou la régression cul-cul est obligatoire?

Ah non elle ne l’est pas… A condition d’y mettre de sacrés moyens. En fait Chérichou, je pense que les marques nous préparent de cette façon. A la facture salée des affaires de bébé. Moi aussi je ne mettrai ces vêtements que quelques mois. La sécu devrait nous verser une prime d’habillement, en plus de la prime de naissance. Parce qu’en plus d’être un budget, c’est une corvée déprimante.

Je suis sympa? Je t’épargne aujourd’hui les chaussures, j’irais avec les filles. De toute façon mes pieds commencent à gonfler. Et je ne vois déjà presque plus ma mnette.

Cherichou, tu m’ecouuuuuutes?

-humhummghhhhfffffff 

 

La transformation est donc en cours, au grand désespoir de ma penderie. Il est grand temps de partir en expédition dans ces contrées inconnues que sont les rayons maternité des grands magasins. Je me tâte à prendre Chérichou sous le coude, je ne suis pas certaines qu’il me soit d’une grande aide. Lui de toutes façons préfère rester ici.

J’enfile (encore assez aisément) mes petites tennis, j’ai mis un leggins et une tunique, comme pour les premiers jours de soldes. Sauf que là, avec un peu de chance et en gonflant un peu le bidou, je ne ferais pas la queue en caisse.

Le banquier va me maudire. J’ai vu les prix sur internet, ils sont affolants mais je ne peux décemment pas aller bosser en culotte (LA grosse culotte en coton blanc parce que mes hanches n’acceptent plus mes petites dentelles). J’ai dis à Chérichou que je préparais mon petit monde à la déferlante d’achat qu’entraînera probablement en moi l’ouragan Crevette.

J’ai le temps de penser à toutes les bonnes excuses que je pourrais inventer quand mon compte ressemblera au gouffre de la Sécu dans le métro.

Une fois arrivée, je repère, au fond de mon magasin préféré un minuscule étalonnage avec un écrito un peu bancal : Maternité.

Comment dire que ce rayon ressemble à une zone sinistrée. Quelques jeans difformes, des robes frou-frous à fleurs, quelques bandeaux a bidons mignons, je dis pas, mais pour aller bosser… non je ne suis pas prête à ça. Ni aux petites chouettes en imprimé ni aux fleurs ringardes d’ailleurs.

Un choc quoi. Tout est large, hors d’âge, et mal taillé. Mon regard est plutôt attiré vers une petite robe portefeuille bleu canard là bas au loin. Mais mon bidon découvrirait ma –belle- culotte avec son découpé de folie.

Ne m’avouant JAMAIS vaincue, surtout dans les boutiques, je file aux Gall’Farfouillettes. Je révise en chemin mes arguments aux banquiers. Je me connais, dans ces endroits ça peut flamber. Ne pas s’arrêter au rayon déco, ni au rayon bouquin. Ni devant les macarons. C’est bon, je panique.

J’entre, les jambes flageolantes, plus vraiment sûre de vouloir encore m’habiller. Ne pourrais-je pas vivre en culotte, finalement?

Je fonce, tête baissée, prête à en découdre avec mes gambettes qui tentent de se défiler et de dévier.

J’arrive au bon étage, ouf. Un cocoon au milieu de cette ruche où… où TOUT est beau, TOUT est à disposition, TOUT pour ma crevette. Je ne vais pas pouvoir tenir. Je file dans les rayons vêtements. Les hauts ne sont que sensualité, il y a de la lingerie sexy, les jeans m’appellent et les robes me font de l’œil.

Je m’étouffe en retournant les étiquettes. Chérichou comprendra bien que je ne peux pas me balader cul-nu. »

Ecrit par Cécile: retrouvez toutes ses aventures: http://lemaledemere.fr/cat/primijolie

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