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” Voilà j’y suis. J’ai faim, il est tôt. Mais qu’est ce que j’ai faim. Je n’entends que mon estomac. Les autres aussi doivent supporter cette douce mélodie venue de mes entrailles. Enfin ça ne sera pas pire que d’écouter Kendji !

Je vais m’évanouir. C’est pas possible de faire subir ça à une femme enceinte, on est deux à avoir la dalle! La crevette aussi réclame.

La secrétaire du cabinet d’analyses médicales me fait patienter: c’est pas comme si j’avais la journée devant moi dans un spa où me prélasser. Si j’attends 5 min de plus, je vais bouffer les accoudoirs de mon siège. 

Elle a dû avoir peur pour les sièges, je suis enfin appelée. On me fait assoir dans une pièce, me demande si je suis bien à jeun. Je ne serais pas dans cet état si je m’étais enfilé un pain au chocolat, ça se voit pas? Je bouillonne.

La petite dame m’explique qu’elle va me faire une prise de sang, que je vais devoir boire d’une traite la préparation devant elle. Du sucre quasi pur. Si je vomis, je recommence. 

Ok… Elle est où la clé? Felindra-tête-de-tigre sort de derrière la porte. Je vais voir apparaître Passe-Partout. C’est Fort Boyard ce truc.

Je bois donc parce qu’on ne me laisse pas le choix, des hauts le cœur entrecoupent ma descente cul-sec. C’est dégueu. Le regard de la petite dame m’encourage. Elle doit avoir l’habitude des grimaces. Pourtant d’habitude j’ai une sacré bonne descente!

Je repose enfin le gobelet. Nouvelle prise de sang dans une heure, puis deux.

Je m’installe confortablement dans un fauteuil, sort mon Cosmo’.

La tête me tourne. J’ai chaud. Ce doit être mon bidon qui réagit, mal, au trop plein de sucre. Ils auraient pu me demander de m’enfiler le pot de Nut’, je suis habituée.

Je vais me trouver mal. Des bouffées de chaleur m’envahissent. Je vais fermer les yeux, quelques minutes.

C’est la petite dame qui me réveille finalement. L’heure de la première prise de sang. Je lui raconte ma drôle d’expérience digne d’un premier shoot au doliprane. Elle rit. Moi moins.

Je peux enfin ouvrir mon magazine, et attendre la fin de mon calvaire. Étrangement, Je n’ai plus faim.

Le verdict tombera le soir même, je suis bonne pour me goinfrer à volonté, le diabète gestationnel m’a épargné. Youhouuuuuu j’ai l’immunité gestationnelle pour m’empiffrer!

A ma sortie du cabinet, ce matin là, comme tant d’autres femmes, je suis entrée dans la boulangerie d’en face pour y acheter la moitié de leur viennoiseries. L’emplacement est bon!

 

Avec toutes mes aventures sucrées, je ne vous ai même pas raconté l’annonce de ma grossesse à mon patron. Il devait bien se douter, Parce que quand je suis arrivée, il avait un drôle de sourire sadique en coin. Comme il reluque de façon systématique mon décolleté, il a dû se dire qu’il se passait un truc. Ce n’est pas le seul d’ailleurs. Nicolas m’a même fait la remarque en me demandant si j’avais changé de soutien-gorge: oui régulièrement et heureusement que je lui ai répondu. Sa copine doit être ravie de son souci du détail…

Comme je n’avais pas demandé de congés suffisamment important pour justifier une intervention chirurgicale, il a sûrement conclus tout seul à mon début de gestation (oui je ressemble a une vache en ce moment). Mais ça ne l’empêche pas de mater… Il ne sait faire que ça auprès des filles du service de toute façon. 

Si bien que l’effet que je voulais y mettre, pour le prendre par surprise n’a pas eu lieu. Le plus solennellement possible, je lui ai donc dis que j’entamais mon 4ème mois de grossesse. Ma santé ne l’intéressant que si elle affectait ma présence, j’ai bien vu qu’il comptait discrètement sur ses doigts le nombre de mois d’absence. 

Je l’ai bien surpris se tortillant tin peu sur son siège et je l’ai soulage assez vite en lui disant que ma santé était pour le moment suffisamment bonne pur que je puisse continuer mon activité normalement, ou à peu près puisque mon agenda se remplissait aussi rapidement que celui d’une rock-star, tout le monde voulant voir mon anatomie la plus… Enfouie.

Le dernier point fut celui pour lequel j’avais décidé de le laisser languir quelques mois: le congé parental. N’étant sûre de rien, je faisais d’une pierre deux coups en le faisant tourner en boutique le temps de prendre ma décision.

Voilà tout était dit, H+1 après impact et la terre continuait de tourner. Même crevette avait l’air satisfait puisqu’elle me dit gâche de 5 min de looping dans la foulée.
J’allais donc officiellement commencer à lever le pied, en rentrant plus tôt le soir, ce qui m’évitera sûrement de croiser les cons de 18h sur ma ligne de métro. Changer de cons ne fait pas de mal après tout! 

Je sors du bureau un peu moins confiante que je ne l’aurais imaginé. 

Voilà tout est dit. Tout sauf l’augmentation que je visais cette année, et pour laquelle j’entasse depuis des mois des arguments en béton. Je l’ai bien vu dans le service. Insidieusement, une femme devrait faire un choix entre sa carrière et ses choix personnels. Je me trouve avec la carte prison du Monopoly entre les mains. Je passe mon tour pour cette année.  On me brandira sûrement cette carte également l’année prochaine en le précisant bien que les résultats encourageants ne sont pas le fait de mon absence.  Et hop case prison directement sans toucher le Jackpot, encore une fois.

Je retrouve mes collègues, ceux qui savent, ceux qui ne se doutent de rien et ceux qui font semblant de. Ils voient bien que je ne vais plus en pause café que pour siroter un potage à la tomate-dégueulasse. Je sens bien que je m’éloigne un peu d’eux, cette parenthèse était toujours pour moi le moyen de gratter quelques cancans qu’on ne me dit plus, ou à la cantine devant un plateau repas insipide et pour lequel je dois redoubler de vigilance avec ces plats qui ne ressemblent souvent à rien.”

Ecrit par Cécile: retrouvez toutes ses aventures: http://lemaledemere.fr/cat/primijolie

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