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« Naïvement je m’étais imaginée ressemblant à peu près à Victoria Beckam, Chérichou aurait même presque pu faire lui aussi une pub à faire baver toutes les minettes. J’aurai eu les mêmes vêtements de créateur (même si comme vous le savez, j’ai explosé mon budget avec un jean et deux robes la dernière fois), j’aurai marché moi aussi avec 12 centimètres de talons et un bidou de 3 mètres de circonférence. Je n’aurai eu aucune vergeture, pas d’envie de vomir en pleine rue, zéro excès de rage, une libido de folie.

J’imagine que chez vous ça ne se passe pas non plus comme ça ? Ça me rassure.

Je ressemble et c’est officiel à Willy en train d’échouer sur la plage, même Chérichou, avec toute l’objectivité dont il est capable, n’arrive plus à cacher son rictus quand je galère à enfiler mes pieds dans les collants. Jamais je ne lui demanderai d’aide, je préfère sortir en Charentaises. Il serait capable de me dire non et de me planter dans l’entrée, avec son humour de préado.

Sortir, de toute façon se prépare maintenant minutieusement. Une fois garée dans un centre commercial, mon premier reflexe est de repérer les toilettes, c’est vital, sinon, comme de par hasard, ma vessie s’emballe : Comme si mon cerveau lui disait : Vas y, lance toi, elle va sprinter et ça lui fera perdre un peu de gras. Mais le pire, c’est au boulot, quand un client me retient pou une broutille et que je me dandine, au début gentiment avant de franchement me tortiller de désespoir. C’est le moment que trouve Christian pour s’approcher en susurrant : psssssssiiiiiiiiiiiiii, comme si j’avais besoin de ça pour lâcher une goutte.

Le soir, je ressemble à une tartine de beurre. Je me vautre et m’enrobe de crème. J’en ai testé un peu… Le problème, c’est qu’ils nous vendent tous du rêve, un monde sans vergeture mais les filles me l’ont bien dit : quand ça pète, ça pète, rien ne l’empêche (comme mon grand-père). Et la crème aura déjà été utilisée. J’utilise une huile d’une jeune créatrice, qui sent divinement bon, avec laquelle Chérichou, une fois qu’il a arrêté de se moquer de moi me masse jusqu’à la pointe des pieds. Oui oui, tout partout !

Il est temps que j’arrête de me plaindre, parce que je commence quand même à me faire à l’idée les amis, la crevette ne pourra pas indéfiniment s’appeler Crevette. Sur l’état civil, c’est quand même moyen, j’en suis consciente! J’ai bien croisé il y a quelques jours au supermarché des parents un peu perché qui ont appelé leur fille Sunshine. Oui, Sunshine. J’espère qu’elle ne zozotera pas sinon, c’est la cata!

Voilà la lourde responsabilité qui nous incombe, lui trouver un prénom qui lui aille, qui ne sera pas moqué, qui nous plaira. Je vous dis pas les soirées qu’on a déjà passé, à lister, barrer, se chamailler, être outré. Oui j’ai été outrée des prénoms qu’il pouvait me proposer, allant même jusqu’à simuler une larmichette en évoquant le prénom inenvisageable de son arrière grand-mère. Je pensais qu’on était raccord… mais ce coup ci, il a fallut que j’use de toute la diplomatie dont je suis capable (on ne rigole pas), pour ne pas :

  1. Rire
  2. Pouffer (ça va de paire) et m’étouffer avec le mikado au fond de la gorge.
  3. Regarder ses yeux humides, paraitre compatissante et lui dire oui mais…. Non, ça ne va vraiment pas être possible.

Voilà, on en est là, pas bien loin.

Je reçois aussi des textos de Chérichou, ou des copines avec des idées, souvent moisies.

Mélo : Appelle là Brenda, on lui trouvera un Dylan…

Chérichou : Marguerite, c’est bien ehin mon chou à la crème, Marguerite

Oui Chérichou, dans l’absolue, au pays de Candy c’est bien, mais au collège, elle va morfler.

Chérichou : Elle n’ira pas au collège, elle restera à la maison, loin des garçons avec son Pâpa, NA !

 

Ce n’est pas gagné, vous êtes d’accord là?  Moi j’aime Isallys, Margaux ou Gabrielle. Des prénoms de winneuses quoi, qui claquent. Des prénoms girl-power quoi.

Je lui ai bien dit à Chérichou que de toute façon, j’irais moi-même, ma fille sous le bras faire sa déclaration au bureau avant qu’il n’arrive nous voir. Je n’aurais pas dû dévoiler si vite mon stratagème… non je n’aurais pas du. Il veut exiger une césarienne et quémander un lit pour dormir avec moi… Il est extrême, c’est ça que j’aime.

Manque plus que sa mère s’y mette. Et la mienne. Si ça se trouve elles se sont mises d’accord

On va en baver ma crevette….

Quelques jours plus tard, nous voilà donc à la rencontre d’Isallys (j’y suis presque)

C’est le jour du G3, LA grande rencontre attendue des 3 puissances familiales. A la table des négociations se trouvera Chérichou, campant sur ses positions de prénoms moisis-pourris (c’est pas moi Chérichou qui le dit, tu vois, c’est le présentateur télé), Crevette qui s’agitera dans tous les sens et que le service de sécurité aura toutes les peines du monde à maintenir en place. Sa venue sera normalement couverte par toute la presse internationale. Sans la même lignée, moi, Primijolie, suis attendue de pieds ferme pour mettre un peu d’ordre dans ce fatras émotionnel (ou pas), les photographes seront bien sur présents pour couvrir (tu l’as senti le jeu de mots alors que je vais devoir montrer ma culotte ?) mon arrivée fracassante, espérant secrètement que je galère à enlever mon pantalon pour faire un peu de sensationnel.

Toute cette réunion sera orchestrée par BlouseBlanche, toujours aussi aimable, qui essaiera de maintenir les questions à l’ordre du jour afin que le compte rendu soit complet.

Oui Oui, on est là pour la seconde échographie. Chérichou est en train de gober des bombecs, BlouseBlanche est en retard et du coup, mon esprit s’enflamme. Pas un seul magasine potable à lire là dedans qui date d’après 2012, deux autres gros bidons me regardent en coin là en face. Elles ont leur petite chemise sur les genoux (qui dépasse, la chemise pour cause de gros bide), avec des petits stickers dessus. C’est si mignon, ces presque-mères parfaites. Moi, j’ai tellement galéré pour fermer mon blouson que je me suis assise sans plier les genoux, heureusement pour moi, j’ai bien visé. J’ai bien une chemise pleine de paperasse, mais elle est un peu vieille, je l’avais déjà au lycée. Elle est recouverte de dessins parfois un peu suspects, mais elle fait son boulot. Pour parfaire le tableau et régaler les deux baleineaux, je vais même piocher dans le sac à bombecs deux ou trois Crocrodiles.

A nous, enfin. Tadatadadam, j’enlève mon pantalon, me rends compte que j’ai mis des chaussettes trop hautes. Sexy-Primi va encore faire des ravages. Je m’allonge gracieusement (oui quoi, OUI, gracieusement !) et c’est parti pour la séance ciné.

Coucou Crevette, c’est ta môman d’amouuuur ! que tu es belle !!!!! Ah non ce n’est pas ta tête là, c’est un truc à l’intérieur. Paraît que t’es toujours une fille, ouf, nous v’là sauvé, il aurait fallut engager une autre bataille nominative.

Paraît que tout va bien, tu as un profil de folie, comme môman. Il y a bien 5 doigts sur cette petite main d’amour.

La séance est terminéeeee, lalalallllaaaaaaa.

« Arrête de chanter Primi, on t’entend. »01

Oups, merci chérichou ! »

Ecrit par Cécile: retrouvez toutes ses aventures: http://lemaledemere.fr/cat/primijolie

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