Paste your Google Webmaster Tools verification code here

Aujourd’hui, je vous parlerai mariage tunisien, car ici, période estivale rime aussi avec unions. C’est comme un sport national que je pratique avec ferveur en venant l’été, et que je prépare aussi une bonne partie du reste de l’année.

Pour une jeune fille de nos contrées éloignées de la capitale et des côtes, le mariage est bien souvent le rêve ultime, l’impression du devoir accompli. Même si souvent, ces filles ont sous le bras un master ou un doctorat, le mariage reste pour elles la consécration.

 

crédit photo: Mejliss

crédit photo: Mejliss

Pourtant, avoir une relation ici n’est pas la chose la plus facile qui soit, et l’arrivée du téléphone portable a joué le rôle d’entremetteur avec succès, Cupidon peut se rhabiller !

Car ici, ok pour un regard, un échange de numéro et ensuite tout ou presque restera virtuel et caché aux yeux de tous avant que la famille ne soit mise au courant et accepte cette relation. Celle-ci durera plusieurs années avant d’aboutir à un mariage et la vie en concubinage est tout simplement inenvisageable dans les montagnes.

Bien évidemment, la virginité, portée en étendard par la famille, est sacralisée… l’égalité est actée sur le papier de la constitution, mais c’est à peut près tout. Il faudra se contenter de cela encore un bout de temps.

Une fois le mariage validé par la famille, et la date fixée, c’est tout un cérémonial qui débute, avec son programme défini par les traditions, que j’ai encore parfois du mal à décrypter : Ici, le futur marié fournira le toit, le salon, la chambre à coucher et les bijoux en or. A la charge de la jeune fille se trouvera tout le reste, toute une maison à équiper, toute une vie à s’inventer avec un homme qu’elle n’a jamais connu intimement et avec qui elle n’a jamais passé une journée entière.

Elle ira, plus tard, avec ses amies, sa famille, au hammam, pour se détendre oui, mais pas que… c’est à ce moment là que son corps sera entièrement épilé (ENTIEREMENT, oui). Restera la cérémonie du Henné (je me dévoue dans les jours qui viennent pour vous faire un reportage en live, photos à l’appui), une soirée chez la famille du marié, une autre chez la famille de la mariée, le passage à la mairie, et, ENFIN, le moment symbolisant réellement l’union, la FETE, THE FIESTA (ou presque).

 

hqdefault images (1)

Cette journée particulière, la mariée la passera chez la coiffeuse avec ses amies, où l’on la coiffera, la maquillera et appliquera sur ses mains et ses pieds des tatouages comme ceux que vous voyez réalisés sur les plages (le henné étant cette pâte orangée, les tatouages au hargous sont eux, totalement noirs et souvent allergènes).

Puis elle se rendra, dans une robe louée, oui ici les robes de mariée se louent, bardée d’un maquillage souvent trop prononcé, à une soirée où elle sera la reine, mais pas trop.

Je vois ici beaucoup de mariées pensives, peut-être stressées. Je n’ai jamais réussi à savoir ou les menaient ces pensées : à la nuit de noce qui les attends, à la vie qu’elles s’inventent ?

Même si cette soirée est pour elles un aboutissement, où elles sont méconnaissables par tant de maquillage et de paillettes, il n’empêche que la semaine suivante, elles commenceront leurs vies faites de repas, de ménage en tongs et joggings, de courses à faire, d’enfants à élever. Là est tout le paradoxe de mon amitié avec ces femmes, qui me disent que je vis comme un homme. Non, je vis seulement mes envies, je vois un peu plus loin pour mes rêves, ils prennent plus de place, sont différents.

Le mariage ici est une tradition bien rodée, un aboutissement pour une femme, qui ensuite se plaît à repenser à cette journée si particulière, où elle a pu se montrer aux yeux de tous, mais où désormais sa vie appartient surtout à l’homme pour qui son cœur bat depuis l’adolescence.

 

%d blogueurs aiment cette page :