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Lettre à toi

 

Nous sommes arrivées dans la vie l’une de l’autre complètement par hasard. Si j’étais ta maman, je t’aimerais malgré ton comportement, malgré ta flémingite aigüe, malgré ce que tu ne ranges pas sur ton passage et que je remets à sa place, patiemment mais plus vraiment.

Je sourirai qu’à ton âge, tu collectionnes les figurines MacDo que tu négocies avec mon fils de 5 ans, même si en as 18.

Mais voilà, je ne suis pas ta maman. Et aimer les enfants des autres, c’est comme marcher sur un fil, c’est casse-gueule et je ne me suis pas entraînée à cet exercice d’équilibriste.

Alors pour le moment tu m’horripiles à dormir jusqu’à pas d’heures, à n’être jamais là pour prendre un repas avec nous, à me faire faire des courses pour 5 alors que tu ne bouffes que des gâteaux.

Tu m’horripiles à penser que toutes les affaires t’appartiennent, à laisser traîner tes autocollants de serviettes hygiéniques, à nous prendre de haut, à nous laisser tout faire malgré notre charge de travail et t’en foutre. Le pire, c’est ton égoïsme et ton indifférence.

Je ne suis pas tolérante ? non, par ce que je ne suis pas programmée pour t’aimer, j’ai décidé de le faire et c’est quand même super beau, tu ne trouves pas ? Ne hausse pas les sourcils tout de suite, oui tu as la science infuse que ton âge oblige mais laisse-moi le bénéfice du doute.

 

On ne sait plus rien de toi, de ce que tu vis, de tes doutes et j’ai de la peine pour tes parents qui te laissent t’éloigner jour après jour sans essayer d’inverser la vapeur. Et je t’avoue que j’ai un peu peur pour mon fils à moi, que je ne veux pas voir devenir comme ça. Si indifférent à ce qui l’entoure. Bien sûr qu’il y passera, mais je n’espère pas autant, ou bien je l’encaisserai plus facilement, et ce sera un peu grâce à toi. Et c’est pour ça que souvent je peste. Je peste quand tu lui prends un euro sans lui rendre, parce que ta manière d’être en ce moment n’est pas l’exemple que je souhaite lui donner.

 

Ton père me reproche souvent de m’éloigner de toi, de ne plus rien faire avec toi, mais pourquoi ? Tu n’es jamais là et si u pointes le bout de ton nez, c’est qu’un truc payant est à la clé et que tu n’auras pas à payer malgré ton salaire te servant d’argent de poche. Alors non, je suis votre cantinière dans les faits mais je ne suis pas ta vache à lait et ces choses que je voudrais partager avec toi, je les remets à plus tard. Mais plus tard, ce sera peut-être trop tard, cette presque indifférence sera devenu notre mode de communication.

Et cet été, à l’âge ou je travaillais pour pouvoir m’échapper avec mes copines en vacances, tu restes avec nous. Ton père y voit un sursis de ton enfance, qu’il récolte comme une offrande, moi j’y vois là l’occasion de profiter à moindre frais. J’ai peut-être tort de te voir ainsi, mais tes silences ne me permettent pas de savoir quel chemin t’aider à prendre. Alors tu vas faire comme d’habitude, nous laisser faire à manger, la vaisselle, dormir et dormir et ne profiter de rien, parce que c’est ce que tu fais le mieux dans l’adolescence : dormir.

 

Je ne dis trop rien et j’observe, ne priant pas comme d’autres que seule la fin de cette période de turbulence te fasse refaire surface. Je sais qu’il faut garder le contact et attendre que ça passe. Sans avoir de rôle éducatif, j’aimerai tellement te transmettre certaines valeurs, ou au moins te montrer ce chemin. Tu le suivras ou non mais au moins tu auras encore un peu plus de choix.

Tu ne sauras jamais que je pense autant à toi qu’à mon propre fils, à comment vous faire grandir au mieux, et que je ne savais pas que mon esprit pouvait être autant accaparé par ce même sentiment très maternel. Ne t’inquiète pas, ce sentiment, je ne te le dirai jamais car dans ton cœur à toi, il n’y a qu’une maman et que je ne veux pour rien au monde prendre cette place ni lui faire imaginer que je suis ce genre de femme. A elle aussi j’aimerai dire : ne t’inquiète pas, je ne prends qu’une petite place, sans même te pousser un peu, je prends soin d’elle un peu de loin, en jonglant constamment entre ce que tu as voulu lui inculquer, tes valeurs et les miennes.

 

A toi qui partages mon quotidien, tu es mon défi permanent, ma recette de gloubi-boulga, celle qui me fait perdre patience et mes évidences. Celle qui me fait grandir dans mes ronchonnages, celle que j’aime un peu malgré moi, mais qui a prit une place au fond de moi.

 

 

 

 

 

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